L'écriture thérapeutique

Écriture thérapeutique : quand écrire devient un véritable travail sur soi

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Il arrive que l’on se mette à écrire parce que quelque chose déborde.

Ce n’est pas toujours très clair au départ. On ne sait pas forcément ce que l’on cherche. On ne sait pas si l’on veut comprendre, déposer, raconter, se souvenir, oublier, ou simplement trouver un endroit où ce qui se passe à l’intérieur puisse enfin exister autrement que sous forme de tension, de fatigue, d’angoisse ou de rumination.

Parfois, on ouvre un carnet parce qu’une émotion prend trop de place. Parfois, parce qu’une phrase tourne en boucle depuis des jours. Parfois encore, parce qu’un événement ancien continue de produire des effets dans le présent, sans que l’on parvienne vraiment à le situer. On sent seulement que quelque chose insiste. Quelque chose revient. Quelque chose cherche une forme.

L’écriture thérapeutique commence souvent là : non pas dans une grande décision de transformation, mais dans ce moment très simple où l’on sent qu’il faut que quelque chose sorte de soi pour pouvoir être regardé autrement.

On parle beaucoup aujourd’hui d’écriture thérapeutique, de journaling thérapeutique, d’écriture expressive ou de thérapie par l’écriture. Ces termes sont parfois utilisés comme s’ils désignaient exactement la même chose. Ils ont des points communs, bien sûr : il s’agit toujours de passer par les mots, de déposer une expérience, de donner une forme à ce qui se vit intérieurement. Mais ils ne recouvrent pas toujours la même profondeur de travail.

Tenir un journal intime, écrire ses émotions, répondre à une consigne d’écriture, raconter un souvenir, écrire une lettre que l’on n’enverra pas, travailler sur son histoire familiale, transformer un vécu en fiction : tout cela peut appartenir au champ de l’écriture thérapeutique. Mais tout cela ne travaille pas psychiquement de la même façon.

Sur Psycho-Plume, l’écriture thérapeutique n’est pas envisagée comme une technique de développement personnel, ni comme une simple méthode pour “aller mieux” rapidement. Elle est pensée comme un espace d’élaboration psychique : un lieu où ce qui était confus, répétitif, douloureux ou silencieux peut commencer à prendre forme.

Écrire ne fait pas disparaître ce qui a été vécu. Écrire ne répare pas magiquement les blessures. Écrire ne remplace pas toujours une thérapie, ni la parole adressée à quelqu’un. Mais écrire peut créer un espace.

Et cet espace, lorsqu’il est suffisamment régulier, suffisamment libre, suffisamment contenant, peut devenir un véritable lieu de travail sur soi.

Qu’est-ce que l’écriture thérapeutique ?

L’écriture thérapeutique est une pratique d’écriture qui permet d’explorer ce qui se passe en soi à partir des mots. Elle ne cherche pas d’abord à produire un beau texte, ni à écrire “bien”, ni à construire un récit parfaitement cohérent de sa vie. Elle cherche plutôt à permettre à une expérience intérieure de trouver une forme.

Cette nuance est essentielle.

Beaucoup de personnes pensent qu’écrire sur soi suppose de savoir raconter, d’avoir une bonne mémoire, d’être à l’aise avec les mots, ou d’avoir quelque chose d’exceptionnel à dire. Or l’écriture thérapeutique ne demande pas cela. Elle part au contraire de ce qui est là : une sensation confuse, une émotion, une colère, une honte, une peur, une tristesse, un souvenir fragmentaire, une difficulté à choisir, une impression de répétition, ou parfois même un vide.

Ce qui compte n’est pas la qualité littéraire du texte. Ce qui compte est le mouvement intérieur que l’écriture rend possible.

Écrire permet de faire passer quelque chose de l’intérieur vers l’extérieur. Tant qu’une émotion reste entièrement prise dans le corps ou dans la pensée, elle peut se présenter comme un bloc : “je vais mal”, “je suis angoissée”, “je n’y arrive pas”, “je suis en colère”, “je ne comprends pas pourquoi je réagis ainsi”.

Sur la page, ce bloc commence parfois à se différencier.

Une phrase en appelle une autre. Une image apparaît. Un détail revient. Une contradiction se montre. Une pensée que l’on croyait évidente devient plus complexe. On croyait écrire sur une situation actuelle, et l’on découvre qu’elle réactive une scène plus ancienne. On croyait écrire sur quelqu’un d’autre, et l’on se rend compte que le texte parle aussi de sa propre place, de sa propre peur, de sa propre manière de se taire ou de se défendre.

Ce n’est pas seulement l’émotion qui s’écrit. C’est aussi la manière dont la personne s’organise autour de cette émotion.

C’est là que l’écriture thérapeutique devient intéressante d’un point de vue clinique. Elle ne sert pas uniquement à exprimer. Elle permet aussi d’observer. Non pas dans une posture froide ou extérieure, mais dans une forme de présence à soi plus précise.

On peut voir ce que l’on répète. Ce que l’on évite. Ce que l’on minimise. Ce que l’on dramatise. Ce que l’on raconte toujours de la même façon. Ce que l’on ne raconte jamais jusqu’au bout.

L’écriture devient alors un espace où la personne peut rencontrer sa propre parole écrite.

Écrire pour aller mieux : une idée à manier avec prudence

On entend souvent dire qu’écrire permet d’aller mieux. Cette phrase est à la fois vraie et insuffisante.

Oui, écrire peut aider. Beaucoup de personnes ressentent un soulagement après avoir écrit. Le simple fait de déposer ce qui encombre peut déjà produire un apaisement. Le carnet devient alors un lieu où l’on peut dire ce qui ne trouve pas toujours de place ailleurs. Il accueille les pensées imparfaites, les émotions contradictoires, les phrases que l’on n’oserait pas prononcer, les colères, les peurs, les aveux, les fragments.

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Mais il est important de ne pas réduire l’écriture thérapeutique à une fonction de décharge.

Écrire ne consiste pas seulement à “vider son sac”. D’ailleurs, vider son sac ne suffit pas toujours. Il arrive que l’on écrive beaucoup, mais que l’on revienne sans cesse au même endroit. On raconte la même blessure, la même injustice, la même scène, la même colère, sans que quelque chose se déplace vraiment. L’écriture peut alors soulager sur le moment, mais laisser intact le noyau de la répétition.

Ce n’est pas un échec. C’est simplement le signe que l’écriture, pour devenir pleinement thérapeutique, a parfois besoin d’un cadre, d’une direction, d’une consigne, ou d’un regard extérieur.

Écrire peut aider, non parce que les mots effacent ce qui fait mal, mais parce qu’ils introduisent une médiation. Entre soi et ce que l’on vit, il y a soudain une page. Entre l’émotion et la réaction immédiate, il y a un temps d’écriture. Entre le souvenir et le corps, il y a une phrase qui tente de dire.

Cette médiation est précieuse.

Elle permet de ne pas rester entièrement confondu avec ce que l’on ressent. Quand on écrit, on ne devient pas objectif au sens strict. On reste engagé dans son histoire, dans son point de vue, dans sa sensibilité. Mais on peut commencer à se lire. Et cette possibilité de se lire change quelque chose.

On peut se demander : qu’est-ce que j’écris exactement ? Comment est-ce que je le formule ? Qu’est-ce qui revient ? Qu’est-ce qui insiste ? Qu’est-ce qui reste absent ? Quelle place est-ce que je me donne dans mon propre texte ?

Cet écart peut devenir un début de liberté intérieure.

La différence entre journaling et écriture thérapeutique

Le journaling est souvent associé à une pratique régulière d’écriture personnelle. On note ce que l’on a vécu, ce que l’on ressent, ce que l’on souhaite, ce que l’on comprend de sa journée. Cette pratique peut être très utile. Elle installe un rendez-vous avec soi-même. Elle permet de garder trace. Elle aide à ralentir. Elle donne parfois une continuité intérieure dans des périodes où tout semble dispersé.

Mais l’écriture thérapeutique va souvent un peu plus loin que le simple journal de bord.

Dans un journal, on peut raconter sa journée sans forcément interroger ce qui se rejoue. On peut écrire beaucoup sans déplacer grand-chose. On peut même, parfois, renforcer certains circuits de rumination : revenir sans cesse sur la même douleur, le même conflit, la même question, sans que l’écriture ouvre un autre chemin.

L’écriture thérapeutique demande une qualité particulière d’attention.

Elle ne consiste pas seulement à écrire “ce qui vient”. Elle invite aussi à regarder comment cela vient. Par où commence le texte ? Quelle scène apparaît en premier ? Quel détail prend beaucoup de place ? Qu’est-ce qui est raconté très longuement ? Qu’est-ce qui est résumé en une phrase ? Quelle émotion occupe tout l’espace ? Quelle autre émotion reste peut-être cachée derrière ?

Ces questions ne sont pas des questions scolaires. Elles ne servent pas à analyser le texte comme une production littéraire. Elles permettent d’entendre la manière dont une personne se raconte, se protège, se cherche, se tient à distance, ou tente de reprendre contact avec une part d’elle-même.

C’est pourquoi l’écriture thérapeutique peut être pratiquée seule, mais elle prend une autre profondeur lorsqu’elle est accompagnée.

Un regard extérieur, formé, attentif, peut aider à repérer ce que la personne ne voit pas encore : une répétition, une tension, une contradiction, une scène centrale, une position ancienne, une phrase qui porte beaucoup plus qu’elle n’en a l’air.

Pourquoi l’écriture peut aider à mettre en forme les émotions

Une émotion brute peut être difficile à habiter.

Elle envahit. Elle serre. Elle accélère. Elle brouille les pensées. Elle peut se présenter comme un bloc compact, sans contours. On dit alors : “Je suis mal.” “Je suis angoissée.” “Je suis triste.” “Je suis en colère.” Mais derrière ces mots généraux, il y a souvent une organisation beaucoup plus fine.

L’écriture permet parfois de passer de l’émotion globale à une émotion située.

On peut écrire d’abord : “J’ai peur.” Puis, en continuant : “J’ai peur de décevoir.” Puis encore : “J’ai peur de décevoir parce que j’ai toujours eu l’impression que ma place dépendait de ce que les autres attendaient de moi.”

Entre la première phrase et la troisième, quelque chose s’est déplacé.

La peur n’est plus seulement une sensation. Elle commence à s’inscrire dans une histoire, dans une logique, dans une manière d’être en relation. Elle devient plus compréhensible. Et lorsqu’une émotion devient plus compréhensible, elle peut devenir un peu moins massive.

L’écriture aide aussi parce qu’elle ralentit.

La pensée va vite. L’angoisse va vite. La rumination tourne très vite, souvent sans produire de véritable compréhension. Écrire oblige à déposer un mot après l’autre. Ce ralentissement peut être contenant. Il permet parfois de reprendre possession de ce qui semblait nous emporter.

L’écriture permet encore de garder trace.

Quand on traverse une période difficile, on peut avoir l’impression de ne pas avancer, de revenir toujours au même endroit, de ne rien comprendre. Relire des textes écrits quelques semaines ou quelques mois plus tôt permet parfois de voir des déplacements que l’on n’avait pas perçus. On découvre que l’on ne formule plus exactement les choses de la même façon. Que certaines phrases ont disparu. Que d’autres sont apparues. Que la place occupée dans le texte a changé.

Enfin, l’écriture donne une place à des parts de soi qui n’en ont pas toujours eu.

Certaines pensées sont trop honteuses pour être dites. Certaines colères sont trop interdites. Certaines tristesses semblent trop anciennes pour être légitimes. Certains désirs restent longtemps enfouis parce qu’ils viendraient déranger une organisation familiale, conjugale ou intérieure.

La page peut devenir un premier lieu d’accueil, avant même que ces éléments puissent être adressés à quelqu’un.

Ce que le texte révèle parfois malgré nous

Dans l’écriture thérapeutique, le texte dit souvent plus que ce que l’on croyait écrire.

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On pense raconter un événement, et l’on révèle une position intérieure. On pense parler d’une autre personne, et l’on montre la place que cette personne occupe encore en soi. On pense décrire une scène banale, et un détail devient soudain central : une porte fermée, une main posée sur une table, une phrase entendue il y a longtemps, une odeur, un silence, un geste.

Le texte a cette particularité : il garde les traces.

Dans la parole, beaucoup de choses passent vite. On peut se reprendre, corriger, minimiser, changer de sujet. Sur la page, la phrase reste là. Elle peut être relue. Elle peut surprendre. Elle peut faire apparaître une contradiction que l’on n’avait pas remarquée en écrivant.

Une personne peut écrire : “Ce n’était pas grave”, puis consacrer trois pages à cet événement supposément secondaire. Elle peut écrire : “Je n’en veux à personne”, mais employer des mots très chargés de colère. Elle peut écrire : “Je ne sais pas pourquoi cela me touche”, puis décrire une scène qui donne déjà une grande partie de la réponse.

Ce n’est pas pour traquer des incohérences. Ce n’est pas pour interpréter à la place de la personne. C’est pour écouter ce qui se manifeste dans la forme même du texte.

Les répétitions, les silences, les changements de ton, les images, les détails, les points de rupture dans le récit : tout cela peut devenir matière de travail.

C’est cette écoute-là qui différencie profondément l’écriture thérapeutique d’un simple exercice de journaling. Le texte n’est pas seulement un contenant. Il devient un objet de rencontre. On peut l’écouter, le relire, l’interroger doucement, non pour le corriger, mais pour entendre ce qu’il cherche à dire.

Quand l’écriture thérapeutique gagne à être accompagnée

Beaucoup de personnes commencent seules.

Elles achètent un carnet, ouvrent un document, répondent à des consignes trouvées dans un livre ou sur internet. Cela peut déjà être précieux. Il n’est pas nécessaire d’être accompagnée pour que l’écriture ait une valeur. Certaines pages écrites seules peuvent être très importantes. Elles permettent de déposer, de clarifier, de se retrouver, parfois même de prendre une décision.

Mais il arrive aussi que l’écriture tourne en rond.

On écrit beaucoup, mais l’on revient toujours au même endroit. On raconte la même scène, la même blessure, la même colère, sans parvenir à entendre ce qui s’y rejoue. On sent que quelque chose travaille, mais l’on ne sait pas comment l’approcher. On a besoin d’une consigne plus ajustée, d’un cadre plus contenant, d’un regard qui aide à repérer ce qui insiste.

Dans ces moments-là, ce n’est pas l’écriture qui échoue.

C’est peut-être simplement qu’elle a besoin d’une adresse.

Un accompagnement individuel en écriture thérapeutique permet d’aller plus loin parce que la consigne n’est plus générale. Elle est pensée pour une personne, à un moment donné de son chemin. Elle tient compte de ce qui se présente, de ce qui revient, de ce qui résiste, de ce qui commence à se dire mais n’a pas encore trouvé sa forme.

Dans une thérapie par l’écriture individuelle, le texte n’est pas lu comme une production littéraire. Il n’est pas corrigé. Il n’est pas jugé. Il est écouté.

On regarde ce qu’il met en scène. Ce qu’il déplace. Ce qu’il évite peut-être. Ce qu’il ose enfin formuler. On observe les mots choisis, les images qui reviennent, les tensions internes, la place du corps, la manière dont la personne se raconte ou disparaît parfois de son propre récit.

L’écriture devient alors un support de travail thérapeutique.

Elle permet d’entrer dans la matière psychique autrement que par la parole directe. Pour certaines personnes, cela change beaucoup. La parole peut être difficile. Trop rapide. Trop exposée. Trop frontale. L’écriture offre un détour. Elle laisse le temps de formuler. Elle permet de dire autrement. Elle donne une forme à ce qui, parfois, ne pourrait pas être abordé de manière immédiate.

C’est dans cet esprit que j’ai ouvert un espace de thérapie individuelle par l’écriture : un accompagnement en visio, à partir d’une consigne préparée en amont, puis d’un temps d’écriture et d’exploration du texte ensemble.

Il ne s’agit pas d’un atelier. Il ne s’agit pas de coaching. Il ne s’agit pas d’un travail littéraire.

Il s’agit d’un espace thérapeutique qui utilise l’écriture comme voie d’accès à ce qui cherche à se dire, à se comprendre, à se déplacer.

Quelques exercices d’écriture thérapeutique pour commencer

Il existe de nombreux exercices d’écriture thérapeutique. Certains sont très simples. D’autres demandent plus de temps. L’essentiel est de ne pas chercher à réussir l’exercice, mais d’accepter ce qu’il ouvre.

On peut commencer par une phrase qui insiste.

Choisissez une phrase qui revient souvent dans votre tête. Par exemple : “Je dois tenir.” “Je n’ai pas le droit de me plaindre.” “Je suis toujours celle qui…” “Je n’y arriverai jamais.” Écrivez cette phrase en haut de la page, puis continuez par : “Cette phrase, je crois qu’elle vient de…”

Laissez venir les associations. Ne cherchez pas une explication parfaite. Suivez les scènes, les voix, les souvenirs, les sensations.

On peut aussi écrire une scène plutôt qu’une idée.

Au lieu d’écrire “je me sens rejetée” ou “je manque de confiance en moi”, essayez d’écrire une scène précise où ce sentiment apparaît. Où êtes-vous ? Qui est là ? Que se passe-t-il ? Quel détail vous atteint ? Que fait votre corps ? Que ne dites-vous pas ? Que voudriez-vous dire ?

La scène donne chair à l’émotion. Elle permet souvent de sortir des généralités et d’approcher la manière concrète dont une difficulté se rejoue.

Un autre exercice consiste à partir du corps.

Commencez par cette phrase : “Dans mon corps, cela commence par…” Puis décrivez sans interpréter. La gorge, le ventre, la poitrine, les épaules, les mains, la respiration. Essayez de ne pas expliquer trop vite. Restez d’abord au plus près des sensations.

L’écriture thérapeutique ne passe pas seulement par les idées. Elle peut aider à écouter ce que le corps porte, surtout lorsque les mots manquent.

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Enfin, on peut écrire la version que l’on ne raconte jamais.

Choisissez un événement que vous avez déjà raconté plusieurs fois. Puis écrivez-le autrement. Non pas la version sociale. Non pas la version maîtrisée. Non pas la version où vous comprenez tout. Écrivez la version plus fragile, plus contradictoire, plus inavouée.

Commencez par : “Ce que je ne dis pas quand je raconte cette histoire, c’est…”

Cet exercice peut ouvrir un espace de vérité plus intime, sans obligation de le partager.

Seule, en groupe ou accompagnée : plusieurs manières d’entrer dans l’écriture thérapeutique

Il n’y a pas une seule manière de pratiquer l’écriture thérapeutique.

Certaines personnes ont simplement besoin d’une première consigne pour recommencer à écrire. Une page, puis une autre. Un carnet ouvert à un moment régulier. Un espace suffisamment simple pour que l’écriture redevienne possible.

D’autres trouvent dans le groupe un appui précieux. Écrire en même temps que d’autres, dans un cadre respectueux, permet parfois de ne pas rester seule face à ce qui se dépose. Le groupe ne remplace pas l’intimité de l’écriture, mais il crée une présence. Il rappelle que chacun avance avec ses propres fragments, ses propres résistances, ses propres chemins.

D’autres encore ressentent le besoin d’un espace plus individuel, plus ajusté, où l’écriture peut être accompagnée au plus près de ce qui se présente. Dans ce cas, la thérapie par l’écriture permet de travailler à partir de textes écrits pendant la séance, avec une consigne pensée pour la personne, puis une exploration clinique de ce que le texte donne à entendre.

Il existe aussi des parcours plus longs, pour celles et ceux qui souhaitent inscrire l’écriture dans une continuité, avec des modules, des consignes progressives, des ateliers et des retours approfondis.

L’important est de trouver le cadre qui correspond au moment où l’on se trouve.

On n’a pas toujours besoin de la même chose. Il y a des périodes où l’écriture seule suffit. D’autres où le groupe soutient. D’autres encore où un accompagnement individuel devient nécessaire parce que quelque chose demande à être entendu plus précisément.

Quand l’écriture ne suffit pas

Il faut aussi pouvoir dire que l’écriture ne suffit pas toujours.

Lorsque l’écriture augmente fortement l’angoisse, réactive des souvenirs traumatiques de manière envahissante, enferme dans la rumination, ou donne le sentiment de s’enfoncer plutôt que de se déposer, il peut être nécessaire de ne pas rester seul avec ce qui apparaît.

Dans certains cas, écrire sans cadre peut ouvrir trop brutalement des zones psychiques qui demandent un accompagnement.

L’écriture thérapeutique n’a pas vocation à remplacer tous les soins psychiques. Elle peut accompagner une thérapie. Elle peut préparer une parole. Elle peut prolonger un travail intérieur. Elle peut aussi être un premier espace pour des personnes qui ne sont pas prêtes à parler.

Mais elle doit rester respectueuse du rythme de chacun.

Il n’est pas toujours nécessaire d’aller chercher le souvenir le plus douloureux, la scène la plus ancienne, ou l’émotion la plus intense. On peut commencer plus modestement. Par une sensation. Un objet. Une phrase. Une image. Un détail du quotidien.

Parfois, les grands mouvements psychiques ne commencent pas dans les grandes révélations, mais dans une toute petite phrase écrite avec justesse.

Écrire pour se rencontrer autrement

L’écriture thérapeutique n’est pas une méthode pour devenir une meilleure version de soi. Elle n’a pas à promettre une transformation rapide, une guérison complète, une libération définitive.

Elle est plus humble, et peut-être plus profonde que cela.

Elle propose de revenir vers soi par les mots. De créer un espace où l’on peut déposer ce qui insiste, approcher ce qui fait mal, reconnaître ce qui cherche à se dire, entendre les contradictions, et parfois découvrir une vérité intérieure que l’on ne pouvait pas formuler avant d’écrire.

Écrire, dans cette perspective, ce n’est pas seulement raconter ce que l’on sait déjà. C’est accepter de rencontrer ce qui apparaît en écrivant.

On commence avec une émotion, un souvenir, une phrase, une scène. Puis le texte ouvre autre chose. Il montre une tension, une peur, un désir, une fidélité ancienne, une place occupée depuis longtemps, une part de soi restée silencieuse.

C’est pourquoi l’écriture thérapeutique peut être si précieuse.

Parce qu’elle ne force pas. Elle n’arrache pas. Elle n’exige pas de tout comprendre immédiatement. Elle offre un lieu où la pensée peut se déplier, où l’émotion peut trouver des contours, où l’histoire personnelle peut être reprise autrement.

Et parfois, au détour d’une phrase, on ne se débarrasse pas de ce que l’on porte.

Mais on cesse d’être entièrement seul avec cela.

Vous souhaitez être accompagnée par l’écriture ?

Sur Psycho-Plume, je propose un accompagnement individuel en thérapie par l’écriture.

Chaque séance se déroule en visio, à partir d’une consigne préparée en amont. Un temps est consacré à l’écriture, puis nous explorons ensemble ce que le texte donne à entendre : les émotions qui apparaissent, les tensions, les répétitions, les images, les silences, les déplacements possibles.

Ce n’est pas un travail littéraire. Ce n’est pas non plus un atelier collectif. C’est un espace thérapeutique individuel, où l’écriture devient un support pour mieux comprendre ce qui se passe en soi.

FAQ — Écriture thérapeutique

Qu’est-ce que l’écriture thérapeutique ?

L’écriture thérapeutique est une pratique qui utilise l’écriture pour explorer ce qui se passe en soi. Elle permet de déposer des émotions, de mettre en forme des expériences difficiles, de repérer des répétitions et d’ouvrir un travail de compréhension intérieure.

L’écriture thérapeutique remplace-t-elle une thérapie ?

Non. L’écriture thérapeutique peut accompagner un travail thérapeutique, le prolonger ou le préparer, mais elle ne remplace pas toujours une thérapie, surtout lorsque la souffrance psychique est importante ou lorsque l’écriture réactive fortement certains souvenirs.

Peut-on pratiquer l’écriture thérapeutique seule ?

Oui, il est possible de pratiquer seule, à partir de consignes ou d’un carnet personnel. Mais l’accompagnement peut être utile lorsque l’écriture tourne en rond, lorsque certains textes réactivent beaucoup d’émotions, ou lorsque l’on souhaite être aidée à entendre ce que le texte révèle.

Quelle est la différence entre journaling et écriture thérapeutique ?

Le journaling consiste souvent à écrire régulièrement sur sa vie, ses émotions ou ses pensées. L’écriture thérapeutique va plus loin lorsqu’elle permet d’observer ce qui se répète, ce qui se déplace, ce qui reste silencieux, et la manière dont une personne se raconte.

Comment se déroule une séance individuelle de thérapie par l’écriture ?

Dans une séance individuelle de thérapie par l’écriture, une consigne est proposée en fonction de ce qui se travaille pour la personne. La séance comprend un temps d’écriture, puis un temps d’exploration du texte, dans un cadre thérapeutique.


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Psychologue et écrivain, je partage dans mon site des articles sur l'écriture thérapeutique.

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