Écriture thérapeutique : quand écrire devient un véritable travail sur soi
Il arrive que l’on se mette à écrire parce que quelque chose déborde. Ce n’est pas toujours très clair au départ. On ne sait pas forcément ce que l’on cherche. On ne sait pas si l’on veut comprendre, déposer, raconter, se souvenir, oublier, ou simplement trouver un endroit où ce qui se passe à l’intérieur puisse enfin exister autrement que sous forme de tension, de fatigue, d’angoisse ou de rumination. Parfois, on ouvre un carnet parce qu’une émotion prend trop de place. Parfois, parce qu’une phrase tourne en boucle depuis des jours. Parfois encore, parce qu’un événement ancien continue de produire des effets dans le présent, sans que l’on parvienne…
Je ne suis pas créatif : écrire de la fiction quand on pense manquer d’imagination
Il y a des phrases qui semblent dire quelque chose de simple, mais qui enferment beaucoup plus qu’elles ne le montrent. “Je ne suis pas créatif.” On la prononce parfois avec résignation, parfois avec regret, parfois presque avec honte. Comme si la créativité appartenait aux autres. À ceux qui inventent facilement. À ceux qui ont des idées. À ceux qui écrivent des romans, imaginent des personnages, construisent des mondes, trouvent des formes nouvelles sans paraître traverser le moindre doute. Alors on regarde son propre désir d’écrire avec méfiance. On sent bien qu’il y a quelque chose. Une envie de fiction. Un attrait pour le roman, les fragments, les nouvelles, les…
Écrire sa vie : comment trouver une parole juste sur soi ?
Écrire sur sa vie ne consiste pas seulement à raconter des souvenirs. Très vite, une autre difficulté apparaît, plus intime, plus complexe : comment parler de soi avec justesse ? Car dès qu’on commence un récit autobiographique, quelque chose se tend. On veut être sincère, mais sans exagérer. On veut être fidèle à ce qu’on a vécu, mais sans se mettre trop en avant. On veut dire ce qui a compté, ce qui a blessé, ce qui a façonné, sans tomber ni dans l’effacement, ni dans une forme de mise en scène. Cette tension est au cœur de l’écriture de soi. Beaucoup de personnes hésitent à écrire leur histoire pour…
Écrire une fiction pour parler de soi : pourquoi cela aide parfois à dire le vrai
On oppose souvent la fiction et l’écriture de soi. D’un côté, il y aurait l’invention. De l’autre, la vérité.D’un côté, les personnages, les scènes déplacées, les dialogues imaginés, les lieux transformés. De l’autre, le récit direct, les faits, le souvenir fidèle, le “je” qui raconte ce qu’il a vécu. Comme si parler de soi supposait nécessairement de raconter sa vie de face.Comme si inventer revenait déjà à s’éloigner.Comme si la fiction n’était, au fond, qu’un détour plus littéraire, mais moins vrai. Et pourtant, les choses sont rarement aussi simples. Il arrive qu’on écrive un souvenir très réel, très exact même, et que quelque chose sonne faux. Non pas parce qu’on…
Écrire sur soi : à la main, au clavier ou à la voix ?
On pourrait croire qu’il ne s’agit que d’un détail.Un choix pratique.Un cahier plutôt qu’un écran. Un clavier plutôt qu’un stylo. La voix plutôt que la main. Et pourtant, dès qu’il s’agit d’écrire sur soi, ce détail n’en est plus un. Car on n’entre pas de la même manière dans son propre texte selon que l’on trace les mots à la main, que l’on les tape sur un clavier ou que l’on les prononce à voix haute pour qu’ils s’inscrivent autrement. Quelque chose change dans le rythme, bien sûr, dans la vitesse, dans la fatigue aussi. Mais ce n’est pas seulement cela. Ce qui change, plus profondément, c’est la distance à…
Changement de saison : pourquoi certaines périodes nous bouleversent émotionnellement
Il existe des périodes de l’année qui nous affectent davantage que d’autres, sans que nous sachions toujours immédiatement pourquoi. Un changement de lumière, une température qui bascule, des journées qui s’allongent ou au contraire se raccourcissent, et quelque chose en nous se déplace. Il ne s’agit pas seulement d’un inconfort passager lié à la météo ou à l’organisation du quotidien. Il arrive que le passage d’une saison à une autre provoque un remuement plus profond, plus diffus, parfois difficile à relier à une cause précise. Certaines personnes se sentent plus vulnérables au printemps, alors même que tout autour d’elles semble annoncer un regain. D’autres éprouvent, à l’automne, une fatigue qui…
Répétition psychique : pourquoi certains schémas se rejouent
Un défi d’écriture autour des répétitions invisibles commence samedi, et une masterclass aura lieu le jeudi 26 février à 18h30. Les informations se trouvent en fin d’article. Quand la compréhension ne transforme pas Il arrive que l’on comprenne beaucoup de choses sur soi, parfois même avec une grande lucidité. On identifie l’origine d’une peur, on reconnaît les mécanismes d’une relation, on repère les schémas qui se rejouent. On a lu, réfléchi, analysé, parfois écrit longuement sur son histoire. Et pourtant, malgré cette compréhension réelle, certaines situations semblent continuer à revenir. Un même type de relation.Un même sentiment d’être mis de côté.Un même conflit qui prend toujours une forme similaire. Ce…
Dire la vérité sans trahir : le vrai travail de l’écriture autobiographique
Il y a une question qui revient presque toujours dès que l’on commence à écrire sur soi, parfois très tôt, parfois plus tard, au moment où les textes s’accumulent et où l’écriture prend une place plus centrale :qu’est-ce que j’ai le droit de dire ? Et très vite, derrière cette question, une autre surgit, souvent plus chargée encore :qu’est-ce que mes proches vont en faire ? Parce que l’écriture autobiographique ne touche jamais uniquement à des souvenirs. Elle touche des liens. Elle réactive des loyautés anciennes, des équilibres implicites, des pactes silencieux. Elle expose des zones que l’on avait appris à tenir fermées — parfois pour se protéger soi-même, parfois…
Pourquoi certaines expériences restent sans mots
Il arrive, dans un parcours d’écriture personnelle ou autobiographique, que certaines expériences résistent durablement à la mise en mots. La personne sait qu’il y a quelque chose d’important à cet endroit-là.Elle le sent.Parfois même, elle y revient régulièrement, par la pensée, par des images, par des sensations diffuses. Et pourtant, lorsqu’elle tente d’écrire, rien ne se passe.Ou presque rien. Les phrases restent vagues.Les mots semblent glisser à côté.L’écriture s’interrompt rapidement, laissant une impression de fatigue, de confusion ou de découragement. Ce phénomène est très fréquent.Il concerne aussi bien des personnes engagées dans une écriture thérapeutique que des auteurs travaillant sur un récit autobiographique ou romanesque. L’erreur la plus fréquente :…
Écrire le trauma sans le réveiller
Écrire le trauma sans le réveiller Il y a une question qui revient souvent, parfois formulée explicitement, parfois seulement suggérée entre les lignes :« Et si écrire réveillait quelque chose que je n’arrive plus à contenir ? » Cette inquiétude traverse de nombreuses personnes qui s’approchent de l’écriture avec une histoire marquée par des expériences traumatiques.Non pas une peur vague ou théorique, mais une appréhension profondément incarnée, souvent déjà éprouvée dans le corps. Certaines ont essayé d’écrire, puis se sont arrêtées.D’autres n’osent même pas commencer.D’autres encore écrivent longtemps autour d’un point qu’elles évitent soigneusement, sans toujours comprendre pourquoi. Cette retenue n’est ni une faiblesse, ni un manque de volonté.Elle est,…






































