
Ces carnets qui nous accompagnent : mille façons d’écrire sa vie
Journal intime, carnet d’écriture, journal de rêves, carnet de voyage… Et si chaque carnet nous permettait d’explorer une facette différente de notre vie intérieure ?
Il y a des carnets que l’on remplit jusqu’à la dernière page, d’autres que l’on abandonne après quelques semaines. Certains nous accompagnent pendant des années. D’autres restent longtemps fermés avant que nous éprouvions le besoin d’y revenir.
Il y a les carnets que l’on garde précieusement, ceux que l’on emporte partout, ceux dans lesquels on écrit presque chaque jour et ceux que l’on n’ouvre que lorsque quelque chose nous traverse.
Nous parlons souvent du journal intime comme s’il était la forme naturelle de l’écriture personnelle. Pourtant, il existe bien d’autres façons de tenir un carnet. Et chacune entretient un rapport particulier avec notre mémoire, notre imaginaire, nos émotions ou notre créativité.
Car écrire dans un carnet, ce n’est pas nécessairement raconter sa journée. Ce peut être réfléchir à un projet, conserver une image, accueillir un rêve, observer un paysage, noter une phrase ou tenter de comprendre ce qui nous empêche d’avancer.
Un carnet n’est pas seulement un endroit où l’on dépose des mots. Il peut devenir un espace dans lequel quelque chose de notre pensée se construit.
Le journal intime : un espace où l’on peut tout dire
C’est sans doute le plus connu des carnets.
Le journal intime accueille ce que nous vivons, ressentons, pensons, parfois ce que nous n’oserions dire à personne. Nous pouvons y raconter les événements de notre journée, mais aussi nos inquiétudes, nos contradictions, nos désirs, nos colères ou nos joies.
Sa particularité est de ne pas exiger de destinataire. Il n’y a personne à convaincre, personne à rassurer, personne devant qui nous devrions présenter une version cohérente de nous-mêmes.

Cette liberté est précieuse.
Dans nos relations, nous adaptons nécessairement notre parole. Nous choisissons ce que nous révélons, ce que nous taisons, la manière dont nous nous présentons. Le journal intime peut nous permettre d’échapper provisoirement à ces ajustements.
Nous pouvons y écrire que nous aimons quelqu’un et que nous lui en voulons. Que nous sommes heureux et pourtant inquiets. Que nous avons pris une décision sans être certains de la vouloir.
Le journal intime accueille cette ambivalence sans nous demander de la résoudre.
Avec le temps, il devient également un témoin de nos transformations. En relisant une page ancienne, nous découvrons parfois que certaines préoccupations ont disparu, que d’autres reviennent régulièrement, ou que notre regard sur une situation a profondément changé.
Mais il n’est pas nécessaire de le relire. Certains journaux remplissent leur fonction au moment même où nous les écrivons.
Le journal d’écriture : accompagner son projet, ses doutes et ses découvertes
C’est un carnet que je conseille particulièrement aux personnes engagées dans un projet d’écriture, qu’il s’agisse d’un roman, d’un récit autobiographique, de nouvelles ou de tout autre texte au long cours.
Le journal d’écriture est différent du manuscrit. On n’y écrit pas nécessairement son histoire : on y écrit ce qui se passe en nous pendant que nous essayons de l’écrire.
On peut y noter une idée qui surgit, une interrogation sur un personnage, une difficulté de construction, une scène que l’on hésite à conserver. Mais aussi tout ce qui accompagne intérieurement le travail d’écriture.
Pourquoi est-ce que je n’arrive plus à avancer ? Pourquoi ce passage me résiste-t-il ? Pourquoi ai-je soudain envie de changer complètement mon histoire ? Pourquoi ai-je peur de montrer ce que j’ai écrit ?
Il arrive qu’un blocage soit lié à une difficulté narrative. Une scène ne fonctionne pas, une chronologie devient confuse, un personnage manque de cohérence.
Mais parfois, quelque chose d’autre se joue. Dans un récit autobiographique, par exemple, écrire certains souvenirs peut faire apparaître une culpabilité, une peur de trahir, une hésitation à se dévoiler. Dans une fiction, un personnage ou une situation peut venir toucher quelque chose de personnel, sans que nous en ayons immédiatement conscience.
Le journal d’écriture permet de réfléchir à ces mouvements sans les faire peser directement sur le manuscrit.
C’est aussi un endroit où conserver ses enthousiasmes. Une phrase trouvée au réveil, une idée pour la fin du roman, une découverte sur un personnage, un passage dont on comprend soudain la nécessité.
Il peut accueillir les hésitations, les changements de direction, les petites avancées que l’on oublie souvent lorsque l’on regarde uniquement ce qu’il reste à écrire.
Et c’est peut-être l’une de ses fonctions les plus importantes : il nous permet de distinguer notre projet de la relation que nous entretenons avec lui.
Un jour, nous pouvons penser que notre texte n’a aucun intérêt. Le lendemain, retrouver l’envie de l’écrire. Le journal garde la trace de ces fluctuations et nous aide à ne pas considérer chacune d’elles comme une vérité définitive.
Il devient, peu à peu, la mémoire du processus créatif.
Le carnet de rêves : conserver les images de la nuit
Les rêves disparaissent parfois très vite après le réveil. Il reste une image, une émotion, une atmosphère, puis tout semble s’effacer.
Le carnet de rêves permet de conserver ces fragments avant qu’ils ne se dissipent.

Il n’est pas nécessaire de raconter un rêve dans son intégralité. Quelques mots peuvent suffire : une maison inconnue, une personne que l’on n’a pas revue depuis longtemps, un escalier interminable, une sensation d’urgence ou de soulagement.
Ce qui est particulier dans les rêves, c’est qu’ils échappent largement à la logique de nos récits éveillés. Les lieux se transforment, les époques se mélangent, les personnes changent d’identité.
Nous pouvons être tentés d’en chercher immédiatement la signification. Pourtant, il me semble plus fécond de commencer par les accueillir tels qu’ils se présentent.
Quelles images nous restent ? Quelle émotion accompagne le réveil ? À quoi ce rêve nous fait-il penser aujourd’hui ?
Dans une perspective psychologique, nous pouvons explorer les associations personnelles qu’il suscite, sans supposer qu’une image possède une signification universelle.
Et pour les personnes qui écrivent de la fiction, le carnet de rêves peut devenir une extraordinaire réserve d’images, d’atmosphères et de situations inattendues.
Un rêve n’a pas nécessairement besoin d’être compris pour devenir une matière d’écriture.
Le carnet créatif : quand les mots rencontrent les images
Tous les carnets ne sont pas uniquement faits de phrases.
Certains accueillent des dessins, des collages, des photographies, des couleurs, des morceaux de papier, des tickets conservés, des mots découpés dans un magazine.
Le carnet créatif permet de réunir plusieurs formes d’expression sur une même page.
Il peut être particulièrement intéressant lorsque les mots ne viennent pas, ou lorsque ce que nous ressentons semble difficile à formuler.
Nous pouvons commencer par tracer une forme, choisir une couleur, coller une image, puis écrire à partir de ce qui apparaît.

Il ne s’agit pas de réaliser une œuvre d’art. Une page peut être maladroite, désordonnée, inachevée.
Ce qui compte est l’expérience de création elle-même.
Il arrive qu’une image fasse émerger une pensée que nous n’avions pas encore formulée. À d’autres moments, c’est un mot qui appelle une couleur ou une forme.
Le carnet créatif laisse ainsi davantage de place à ce qui ne se présente pas immédiatement sous la forme d’un récit.
C’est aussi un moyen de sortir de l’exigence de bien écrire, qui peut parfois nous éloigner du plaisir de créer.
Le carnet de voyage : écrire les lieux, mais aussi celui ou celle que nous sommes ailleurs
On imagine souvent le carnet de voyage comme un recueil de souvenirs : les lieux visités, les rencontres, les paysages, les bonnes adresses.
Il peut bien sûr contenir tout cela.
Mais il peut aussi raconter une expérience plus intérieure : celle de se retrouver ailleurs, en dehors de ses habitudes.
Voyager modifie notre manière de regarder. Un geste banal, une odeur, une façon de parler, une scène dans un café peuvent retenir notre attention simplement parce qu’ils ne nous sont pas familiers.
Le carnet de voyage permet de conserver ces observations, mais aussi de noter ce qu’elles provoquent en nous.

Pourquoi nous sentons-nous si bien dans certains endroits ? Pourquoi un lieu inconnu nous semble-t-il étrangement familier ? Qu’est-ce qui nous manque lorsque nous sommes loin de chez nous ?
Et puis, il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour tenir un carnet de voyage.
Nous pouvons explorer notre propre ville comme si nous la découvrions. Observer une rue que nous empruntons chaque jour. Entrer dans un quartier inconnu. Nous asseoir dans un café et prendre le temps de regarder ce qui se passe autour de nous.
Le voyage commence parfois lorsque nous cessons de traverser les lieux sans les voir.
Le carnet de lecture : poursuivre la conversation avec les livres
Nous lisons parfois une phrase qui semble nous être personnellement adressée.
Nous la soulignons, puis nous continuons notre lecture. Quelques jours plus tard, nous l’avons oubliée.
Le carnet de lecture permet de garder une trace de ces rencontres avec les textes.
On peut y recopier une citation, noter une impression, décrire un personnage qui nous a troublés, réfléchir à une fin qui nous a laissés perplexes.
Mais il ne s’agit pas de rédiger des fiches de lecture scolaires.
Le plus intéressant est peut-être de se demander pourquoi un livre nous touche à un moment particulier de notre vie.
Un roman lu à vingt ans ne nous raconte pas nécessairement la même chose lorsque nous le relisons à cinquante ans.
Le texte n’a pas changé, mais nous, si.
Le carnet de lecture permet de conserver quelque chose de cette rencontre entre l’œuvre et notre propre histoire.
Il peut également nourrir notre écriture littéraire. Nous y observons la manière dont un auteur construit une scène, fait entendre une voix, crée une atmosphère ou laisse une place au silence.
Lire devient alors aussi une manière d’apprendre à écrire.
Le carnet des petites choses : apprendre à prêter attention
Nous gardons généralement le souvenir des événements importants. Pourtant, nos journées sont aussi faites d’une multitude de détails qui disparaissent presque aussitôt.
Une conversation entendue dans un bus. Une lumière sur un mur. Un enfant qui rit. Un mot inattendu. Une silhouette aperçue derrière une fenêtre.
Le carnet des petites choses sert à recueillir ces fragments.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un journal de gratitude. Nous n’avons pas à chercher ce qui a été positif dans notre journée.
Nous pouvons noter quelque chose de beau, d’étrange, de drôle, de mélancolique ou simplement de surprenant.
Une seule phrase peut suffire.
Avec le temps, ce carnet devient une sorte de collection de notre attention.
Et lorsque nous le relisons, nous découvrons parfois que certains motifs reviennent : les maisons, les arbres, les départs, les gestes de tendresse, les voix, les fenêtres éclairées.
Ces répétitions dessinent quelque chose de notre sensibilité, sans qu’il soit nécessaire de leur attribuer immédiatement une signification.
Ce carnet peut être particulièrement fécond pour l’écriture littéraire. Les détails que nous recueillons deviennent parfois, bien plus tard, le point de départ d’une scène ou d’une histoire.
Le carnet des émotions : observer ce qui nous traverse
Nos émotions ne sont pas toujours simples à identifier.
Nous pouvons croire que nous sommes en colère alors que nous nous sentons blessés. Nous pouvons éprouver de la tristesse sans comprendre ce qui l’a déclenchée. Nous pouvons nous sentir soulagés et coupables dans le même mouvement.
Le carnet des émotions permet de prendre le temps de décrire ce que nous éprouvons.
Non pour nous contrôler, ni pour supprimer les émotions désagréables, mais pour mieux en reconnaître les nuances.
On peut y raconter une situation, noter les pensées qui l’ont accompagnée, les sensations corporelles, les souvenirs ou les associations qui apparaissent.
L’intérêt est aussi de distinguer ce qui s’est passé de ce que nous avons imaginé, redouté ou interprété.
Parfois, écrire permet de découvrir que plusieurs émotions coexistent.
Il faut toutefois veiller à ce que ce carnet ne devienne pas un lieu de rumination, dans lequel nous répéterions indéfiniment les mêmes inquiétudes.
Écrire peut nous aider à prendre du recul, mais cela ne se produit pas automatiquement. Il est parfois utile de changer de question, de revenir au présent ou simplement de refermer le carnet.
Le carnet des souvenirs : retrouver les fragments d’une histoire
Ce carnet peut prendre des formes très différentes.
Nous pouvons y écrire les souvenirs qui surgissent spontanément, sans chercher à les classer. Une maison d’enfance, une voix, une odeur, un repas de famille, un trajet en voiture.
Nous pouvons aussi choisir de consacrer une page à une personne, un lieu ou une période particulière.
À la différence d’un récit autobiographique construit, le carnet des souvenirs n’exige aucune chronologie.
Un souvenir d’enfance peut côtoyer une scène vécue la veille. Un souvenir heureux peut être suivi d’un événement douloureux.
Cette liberté permet de travailler avec la mémoire telle qu’elle se présente, souvent fragmentaire et associative.

Il est également important de reconnaître qu’un souvenir n’est pas un enregistrement parfaitement fidèle du passé. Notre mémoire se reconstruit au fil du temps, à partir de ce que nous avons vécu, mais aussi de ce que nous en comprenons aujourd’hui.
Le carnet des souvenirs ne sert donc pas seulement à conserver le passé. Il peut nous permettre d’observer la manière dont nous continuons à entretenir une relation avec lui.
Pour les personnes engagées dans l’écriture autobiographique, il constitue une réserve précieuse de scènes, de détails et de questions qui pourront, ou non, trouver leur place dans un récit.
Le carnet des questions : laisser une place à ce que l’on ne sait pas
Nous écrivons souvent pour trouver des réponses.
Et si nous tenions un carnet pour conserver nos questions ?
Pourquoi cette remarque m’a-t-elle autant affecté ? Qu’est-ce que j’attends encore de cette relation ? Pourquoi cette décision est-elle si difficile ? Qu’est-ce qui me manque réellement ?
Certaines questions n’appellent pas de réponse immédiate.
Les écrire permet de leur donner une existence sans nous obliger à les résoudre.
Nous pouvons revenir quelques jours ou quelques mois plus tard et découvrir que la question a changé, que nous ne la formulons plus de la même manière ou qu’elle ne nous préoccupe plus.
Ce carnet peut aussi accueillir des interrogations littéraires, philosophiques ou existentielles.
Il nous rappelle que penser ne consiste pas toujours à parvenir à une conclusion. C’est parfois accepter de rester quelque temps avec une question ouverte.
Le bullet journal : organiser son quotidien sans se perdre dans les obligations
Le bullet journal occupe une place un peu particulière parmi les carnets. À l’origine, il s’agit d’une méthode d’organisation personnelle qui permet de rassembler dans un même espace les tâches, les rendez-vous, les projets, les idées et les réflexions.
Contrairement à un agenda traditionnel, ses pages ne sont pas nécessairement définies à l’avance. Chacun peut construire son propre système, selon ses besoins.
Mais ce qui me semble particulièrement intéressant dans le bullet journal, ce n’est pas seulement sa dimension pratique. C’est la possibilité de réfléchir à la manière dont nous occupons notre temps.
Nous remplissons souvent nos journées de choses à faire, parfois sans nous demander si elles correspondent encore à ce que nous souhaitons réellement.
En revenant régulièrement sur nos notes, nous pouvons remarquer certaines répétitions : les tâches que nous reportons sans cesse, les projets auxquels nous n’accordons jamais de place, les engagements qui occupent une grande partie de notre énergie.
Le bullet journal peut alors devenir autre chose qu’un outil de productivité. Il nous invite à distinguer ce qui est urgent de ce qui est important, ce que nous faisons par habitude de ce que nous choisissons véritablement.
Il peut également accueillir des pages plus personnelles : les livres que nous aimerions lire, les idées que nous voulons explorer, les projets d’écriture, les envies que nous repoussons depuis longtemps.
Bien sûr, il existe un risque : celui de transformer notre quotidien en une succession d’objectifs à atteindre et de cases à cocher.
Un carnet qui devait nous aider à organiser notre vie peut finir par devenir une source d’exigences supplémentaires.
Peut-être faut-il alors se rappeler que son intérêt n’est pas de remplir toutes les pages ni d’accomplir toutes les tâches prévues.
Il est aussi de nous aider à choisir ce à quoi nous voulons accorder notre temps et notre attention.
Faut-il tenir plusieurs carnets ?
La tentation peut être grande de commencer un carnet pour chaque domaine de sa vie. Un pour les émotions, un pour les rêves, un pour les lectures, un pour les souvenirs…
Mais il n’est pas nécessaire de multiplier les supports.
Certaines personnes apprécient cette séparation, qui leur permet de retrouver facilement leurs notes et de réserver un espace particulier à chaque activité.
D’autres préfèrent un seul carnet dans lequel tout se mélange : une réflexion personnelle, une scène de roman, une liste de livres, une question, un souvenir.
Il n’y a pas de bonne organisation universelle.
On peut également changer de manière de faire au fil du temps. Un carnet commencé comme journal intime peut devenir un carnet de voyage. Un carnet destiné à un roman peut accueillir des réflexions personnelles.
Et surtout, il n’est pas nécessaire d’écrire tous les jours pour tenir un carnet.
Nous vivons dans une époque où les pratiques personnelles prennent facilement la forme d’habitudes à entretenir, de défis à relever, d’objectifs à atteindre.
Le carnet peut justement échapper à cette logique.
Il n’a pas à être rempli régulièrement pour avoir une valeur. Quelques pages écrites à un moment particulier de notre vie peuvent compter davantage que des mois de notes prises par obligation.
Il faut aussi pouvoir abandonner un carnet, en commencer un autre, revenir au premier plusieurs années plus tard.
La liberté fait partie de ce que l’écriture peut nous offrir.
Ce que nos carnets nous permettent, au fond
Les recherches en psychologie sur l’écriture expressive montrent des effets possibles sur le bien-être psychologique et certains symptômes émotionnels. Ces effets restent généralement modestes et variables selon les personnes et les modalités d’écriture. Tenir un journal ne remplace donc pas un accompagnement thérapeutique lorsque celui-ci est nécessaire.
Mais l’intérêt de ces carnets ne se mesure pas uniquement à leur capacité à nous faire aller mieux.
Certains nous aident à comprendre ce que nous vivons. D’autres nourrissent notre imagination. Certains conservent les traces de notre mémoire, d’autres nous permettent d’élaborer un projet, de déplacer notre regard ou de donner forme à une expérience encore confuse.
Il y a aussi quelque chose de particulier dans la relation que nous entretenons avec un carnet au fil des années.
Nous pouvons y retrouver une personne que nous avons été, une pensée que nous avions oubliée, un désir ancien, un enthousiasme disparu ou revenu autrement.
Nous découvrons parfois que nos préoccupations changent moins vite que nous le pensions. Ou, au contraire, que nous avons parcouru un chemin considérable sans nous en apercevoir.
Nos carnets ne racontent pas nécessairement toute notre vie. Ils en conservent des fragments, choisis ou laissés au hasard, parfois contradictoires, parfois incomplets.
Et c’est peut-être précisément ce qui les rend si précieux.
Un carnet n’a pas besoin de tout contenir, ni de conduire quelque part. Il peut simplement être ce lieu où nous nous autorisons à écrire, sans savoir encore ce que nous avons à dire.
Et vous, avez-vous un carnet qui vous accompagne ? Un journal intime, un carnet de rêves, un carnet d’écriture ou un carnet dans lequel vous mélangez un peu tout ?
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2 commentaires
Vanessa
J’ai plein de carnets, et certains font même office de décoration chez moi. Je sais que ce qu’ils contiennent est une partie de mon histoire, alors à mes yeux, ils ne perdront jamais de leur valeur. Comme vous le dites si bien, ils gardent des fragments de nous, et c’est ce qui les rend si précieux.
CHRISTELE GIBAUD
J’aime bien écrire dans de jolis carnets, même si ces derniers temps, c’était plutôt sur mon ordi pour la sortie de mon livre. Mais ton article me donne envie de reprendre ma plume sur un beau carnet.