
Peut-on aimer quelqu’un et lui en vouloir ? Comprendre l’ambivalence affective
Nous pouvons aimer profondément une personne et ressentir de la colère contre elle. Désirer sa présence et éprouver le besoin de nous éloigner. Être reconnaissants de ce qu’elle nous a apporté tout en souffrant de ce qui nous a manqué.
Ces sentiments contradictoires portent un nom : l’ambivalence affective. Pourquoi avons-nous parfois tant de difficulté à les accepter ? Et comment l’écriture peut-elle nous aider à leur donner une place ?
Il arrive que nous sortions d’une rencontre avec une personne que nous aimons en éprouvant un sentiment étrange.
Nous étions heureux de la retrouver. Nous avions même attendu ce moment avec impatience. Pourtant, une remarque, un geste, une attitude nous ont blessés ou irrités.
Nous rentrons chez nous avec des émotions contradictoires. Nous aimons cette personne. Nous savons tout ce qu’elle représente pour nous. Mais nous lui en voulons.
Alors nous commençons à nous expliquer notre réaction.
Elle ne l’a pas fait exprès. Elle a ses propres difficultés. Je suis peut-être trop sensible. Je ne devrais pas lui en vouloir pour si peu.
Ou, au contraire, nous ne voyons plus que ce qui nous a déplu, comme si cette contrariété venait momentanément effacer tout le reste de la relation.
Nous passons parfois beaucoup de temps à essayer de déterminer ce que nous ressentons vraiment, comme s’il devait nécessairement exister un sentiment plus authentique que l’autre.
Mais si les deux étaient vrais ?
Si nous pouvions aimer quelqu’un et lui en vouloir, sans que l’un de ces sentiments annule l’autre ?
C’est précisément ce que nous invite à penser l’ambivalence affective.
Qu’est-ce que l’ambivalence affective ?
L’ambivalence affective désigne la coexistence de sentiments ou d’attitudes opposés à l’égard d’une même personne, d’une même situation ou d’un même objet.
Nous pouvons ressentir simultanément de l’amour et de la colère, de la tendresse et du ressentiment, de l’attachement et un désir de distance.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une hésitation entre deux sentiments.
L’ambivalence ne signifie pas toujours : « Je ne sais pas si je l’aime ou si je lui en veux. »
Elle peut signifier : « Je l’aime, et je lui en veux. »
Cette différence est importante.
Dans le premier cas, nous cherchons à identifier le sentiment qui serait le véritable. Dans le second, nous reconnaissons que plusieurs mouvements affectifs peuvent exister en même temps.
Nous aimerions parfois que notre vie intérieure soit plus simple. Que l’amour exclue la colère, que la gratitude empêche le ressentiment, que le désir de proximité fasse disparaître le besoin de solitude.
Pourtant, nos relations les plus importantes sont rarement faites d’un sentiment unique.
L’ambivalence ne constitue pas, en elle-même, un trouble psychologique. Elle appartient à la complexité ordinaire de notre vie affective.
Cela ne signifie pas qu’elle soit toujours facile à vivre. Certains conflits intérieurs peuvent devenir particulièrement douloureux lorsqu’ils concernent des liens dont nous dépendons affectivement ou que nous craignons de perdre.
Pourquoi est-il parfois si difficile d’accepter nos sentiments contradictoires ?
Nous avons souvent une représentation idéalisée de l’amour.

Aimer quelqu’un devrait nous rendre patients, compréhensifs, disponibles. Nous devrions accepter ses défauts, reconnaître ses difficultés, lui pardonner ses maladresses.
Cette représentation peut rendre certaines émotions difficiles à accueillir.
Comment puis-je être aussi en colère contre ma mère alors que je sais combien elle a fait pour moi ?
Comment puis-je avoir envie d’être seul alors que j’aime mon conjoint ?
Comment puis-je éprouver du soulagement lorsqu’une personne que j’aime s’éloigne ?
Ces questions peuvent s’accompagner d’un sentiment de culpabilité.
Nous confondons parfois ce que nous ressentons avec ce que nous faisons. Comme si éprouver de la colère revenait déjà à commettre une injustice. Comme si souhaiter momentanément qu’une personne nous laisse tranquille signifiait que nous ne l’aimions plus.
Or un sentiment n’est pas un acte.
Nous pouvons ressentir de l’agressivité sans vouloir faire de mal. Éprouver de la jalousie sans chercher à posséder l’autre. Avoir besoin de distance sans souhaiter rompre une relation.
Reconnaître ce qui nous traverse ne signifie pas devoir agir en conséquence.
C’est même parfois lorsque nous parvenons à reconnaître une émotion que nous pouvons commencer à réfléchir à ce que nous souhaitons en faire.
Mais l’ambivalence peut aussi réveiller une inquiétude plus profonde : celle de perdre le lien.

Dans certaines histoires personnelles, manifester un désaccord, exprimer une colère ou reconnaître une déception a pu être associé au risque de ne plus être aimé.
Nous avons alors appris, parfois très tôt, à privilégier certains sentiments et à en écarter d’autres.
Nous pouvions aimer, admirer, remercier. Mais il était plus difficile d’être déçus, en colère ou de vouloir autre chose.
Ces émotions n’ont pas nécessairement disparu. Elles ont parfois simplement perdu le droit d’être exprimées, voire reconnues intérieurement.
L’amour et l’agressivité : deux mouvements qui peuvent coexister
La psychanalyse a accordé une place importante à l’ambivalence affective.
Dans les premières relations de l’enfant, la personne aimée est aussi celle dont il dépend, celle qui peut répondre à ses besoins, mais également celle qui ne peut pas toujours les satisfaire.
Un enfant peut rechercher intensément la présence de son parent et éprouver de la colère lorsqu’il s’absente ou lui oppose un refus.
L’amour et l’agressivité ne concernent pas nécessairement deux personnes différentes. Ils peuvent s’adresser à la même.
Au cours du développement, l’enfant construit progressivement une représentation plus complexe des personnes auxquelles il est attaché.
Le parent qui le contrarie n’est pas uniquement celui qui le contrarie. Il reste aussi celui qui le protège, le console, l’accompagne.
Cette possibilité de reconnaître plusieurs aspects d’une même personne constitue une dimension importante de la vie psychique.
Mais cette intégration n’est jamais définitivement acquise.
À l’âge adulte, certaines situations peuvent nous ramener vers des représentations plus tranchées.
Une personne qui nous a déçus devient momentanément celle qui nous déçoit toujours. Une relation dans laquelle nous nous sentons aimés peut nous sembler soudain entièrement mauvaise à la suite d’un conflit.
À l’inverse, nous pouvons idéaliser quelqu’un au point de ne plus nous autoriser à reconnaître ce qui nous fait souffrir dans la relation.
Il ne s’agit pas de voir dans chaque réaction excessive une difficulté ancienne ou un mécanisme inconscient. Nos émotions peuvent aussi répondre à des événements très réels, à des injustices ou à des limites qui n’ont pas été respectées.
Mais il peut être intéressant de se demander pourquoi, à certains moments, nous avons tant de mal à conserver une représentation nuancée de l’autre.
Comment continuer à aimer une personne sans devoir excuser tout ce qu’elle fait ? Et comment reconnaître ce qu’elle nous a fait vivre sans réduire toute notre relation à cette seule expérience ?
L’ambivalence dans les relations familiales
Les relations familiales sont souvent un lieu privilégié de sentiments contradictoires.
Nous partageons avec nos parents, nos frères et sœurs, nos enfants une histoire qui s’est construite au fil des années.
Ces relations ne reposent pas seulement sur ce que nous vivons aujourd’hui. Elles portent aussi les traces de ce que nous avons connu, attendu, reçu ou espéré.

Une femme adulte peut aimer profondément sa mère, apprécier leurs conversations et se sentir encore blessée par certaines remarques.
Elle peut comprendre les difficultés que sa mère a traversées, reconnaître ce qu’elle lui a apporté, et continuer à regretter la tendresse ou l’attention qui lui ont parfois manqué.
L’une de ces expériences n’efface pas l’autre.
De la même manière, un parent peut aimer ses enfants et ressentir parfois de l’épuisement, de l’exaspération ou le désir de retrouver une vie moins organisée autour de leurs besoins.
Il peut éprouver de la joie en les voyant devenir autonomes et ressentir simultanément une forme de tristesse devant leur éloignement.
Il n’y a pas nécessairement de contradiction à éprouver ces émotions.
Ce qui peut devenir douloureux, en revanche, c’est de croire qu’il faudrait choisir.
Comme si reconnaître une difficulté dans notre relation avec un parent revenait à nier son amour. Comme si regretter une partie de notre vie familiale signifiait que nous n’avions pas aimé nos enfants.
Dans certaines familles, la reconnaissance des sentiments contradictoires est particulièrement difficile parce qu’elle remet en question une image commune.
Il y aurait les bons parents, les enfants reconnaissants, les familles unies, les relations que l’on ne doit pas critiquer.
Lorsque notre expérience ne correspond pas à cette représentation, nous pouvons être tentés de la minimiser.
Mais reconnaître notre ambivalence ne revient pas nécessairement à remettre en cause l’ensemble d’une relation.
Cela peut simplement nous permettre de reconnaître que notre expérience affective est plus complexe que l’image que nous essayons parfois d’en préserver.
Pourquoi la culpabilité accompagne-t-elle si souvent l’ambivalence ?
Il arrive que nous nous sentions coupables de ce que nous éprouvons avant même de savoir ce que cette émotion signifie pour nous.
Nous avons été agacés par un parent vieillissant et nous nous le reprochons.
Nous avons éprouvé du soulagement après une séparation, alors même que nous souffrons de la perte de cette relation.
Nous avons désiré nous éloigner d’un proche malade ou dépendant de notre aide.
La culpabilité peut alors surgir comme si elle devait corriger immédiatement un sentiment jugé inacceptable.

Pourtant, ces émotions méritent parfois d’être écoutées avant d’être condamnées.
Le soulagement ne signifie pas nécessairement l’absence d’amour. Il peut aussi exprimer la fin d’une tension, d’une inquiétude ou d’une responsabilité devenue épuisante.
Le désir de distance ne signifie pas nécessairement un rejet. Il peut témoigner d’un besoin d’espace ou d’une fatigue que nous avons longtemps négligée.
La colère ne signifie pas toujours que nous voulons blesser. Elle peut aussi apparaître lorsque quelque chose de notre expérience n’a pas trouvé à être reconnu.
Bien entendu, ces interprétations ne sont pas universelles. Une émotion ne possède pas une signification cachée qu’il suffirait de découvrir.
Mais elle peut devenir le point de départ d’une réflexion.
Qu’est-ce qui me met en colère dans cette relation ? Qu’est-ce que je continue à attendre de cette personne ? Qu’est-ce que je me reproche exactement ? À quoi ai-je peur de renoncer si je reconnais ce que je ressens ?
Parfois, la difficulté n’est pas d’éprouver plusieurs sentiments contradictoires. Elle est de nous autoriser à reconnaître qu’ils nous appartiennent tous.
Accepter son ambivalence ne signifie pas tout accepter de l’autre
Il me semble important de faire ici une distinction.
Reconnaître la complexité d’une relation ne doit pas nous conduire à minimiser ce qui nous fait souffrir.
Nous pouvons aimer quelqu’un et reconnaître que certains de ses comportements sont inacceptables.
Nous pouvons comprendre les raisons pour lesquelles une personne agit d’une certaine manière sans être obligés d’en subir les conséquences.
Il arrive que notre capacité à comprendre l’autre devienne même une difficulté supplémentaire.
Nous connaissons son histoire, ses blessures, ses fragilités. Nous pouvons expliquer ses réactions. Nous savons pourquoi il lui est difficile de faire autrement.
Et cette compréhension finit parfois par prendre toute la place, au détriment de notre propre expérience.
La question n’est alors plus seulement de savoir pourquoi l’autre se comporte ainsi, mais aussi ce que nous vivons dans cette relation.
L’ambivalence ne doit pas devenir une justification de la violence, de l’emprise ou des humiliations répétées.
Aimer une personne ne nous oblige pas à rester auprès d’elle. Et reconnaître de bons souvenirs ne nous interdit pas de nous protéger.
Dans certaines situations, un choix devient nécessaire, même lorsque les sentiments restent contradictoires.
On peut prendre une décision tout en continuant à aimer, à regretter, à hésiter ou à éprouver de la tristesse.
Nos décisions n’attendent pas toujours que notre vie affective soit parfaitement cohérente.
Ce que l’écriture peut nous permettre de découvrir de notre ambivalence
Lorsque nous essayons de raconter une relation, nous cherchons souvent à lui donner une cohérence.

Nous voulons expliquer ce qui s’est passé, pourquoi nous avons réagi de telle manière, ce que nous pensons aujourd’hui de cette personne.
Cette recherche de cohérence est naturelle. Elle nous permet d’organiser notre expérience et de construire un récit compréhensible.
Mais elle peut aussi nous conduire à écarter ce qui ne correspond pas à l’histoire que nous avons commencé à raconter.
Si nous écrivons sur une personne qui nous a fait souffrir, nous pouvons avoir du mal à retrouver les moments de tendresse, de complicité ou de joie.
À l’inverse, si nous souhaitons raconter une relation heureuse, nous pouvons hésiter à évoquer les déceptions ou les colères qui l’ont traversée.
Nous cherchons parfois à rendre notre récit plus cohérent que ne l’était notre expérience.
Or l’écriture peut précisément permettre autre chose.
Elle peut accueillir les contradictions sans nous obliger à les résoudre.
Nous pouvons écrire une scène dans laquelle nous avons aimé quelqu’un, puis une autre dans laquelle nous lui en avons voulu.
Nous pouvons retrouver des souvenirs de tendresse sans renoncer à reconnaître une blessure.
Nous pouvons découvrir, au fil des phrases, que notre rapport à cette personne ne s’organise pas uniquement autour de ce qu’elle nous a fait vivre, mais également autour de ce que nous avons espéré, imaginé, attendu ou redouté.
Il arrive aussi que l’écriture fasse apparaître une ambivalence dont nous n’avions pas pleinement conscience.
Nous pensions écrire un texte de colère, et une forme de tendresse surgit.
Nous voulions raconter un souvenir heureux, et nous nous apercevons que quelque chose nous avait blessés.
Nous commencions un récit de séparation, et nous découvrons que le soulagement y occupe une place aussi importante que la tristesse.
Ces mouvements ne sont pas nécessairement des révélations extraordinaires. Ils peuvent être discrets, presque imperceptibles.
Un mot qui revient. Une phrase qui semble contredire la précédente. Un détail que nous avions oublié et qui modifie légèrement notre regard.
Mais ils ouvrent parfois une possibilité nouvelle : celle de ne plus devoir défendre une seule version de ce que nous avons vécu.
Pourquoi ne faut-il pas chercher à résoudre trop vite ses contradictions ?
Dans un travail d’écriture thérapeutique, nous pouvons être tentés de vouloir comprendre rapidement.
Nous avons écrit un texte dans lequel apparaissent de la colère et de l’amour. Nous cherchons alors à déterminer ce que cela signifie.
Est-ce que cette colère cache une blessure ancienne ? Est-ce que cet amour est authentique ? Pourquoi n’arrivé-je pas à dépasser ce ressentiment ?
Ces questions peuvent avoir leur place.
Mais il me semble important de ne pas considérer toute contradiction comme un problème qu’il faudrait immédiatement résoudre.
Certaines émotions ont besoin de pouvoir exister avant que nous cherchions à les interpréter.
Il arrive que nous passions beaucoup de temps à expliquer pourquoi nous ne devrions pas ressentir ce que nous ressentons.
Nous avons une raison d’être en colère, puis nous trouvons une raison de ne pas l’être. Nous reconnaissons une déception, puis nous nous empressons de rappeler tout ce que l’autre a fait pour nous.
L’écriture peut nous permettre de suspendre provisoirement ce mouvement de justification.
Non pour devenir injustes envers l’autre, mais pour reconnaître notre propre expérience sans la corriger immédiatement.
Dans mes accompagnements Psycho-Plume, c’est une dimension à laquelle je suis particulièrement attentive.
Lorsqu’une personne m’envoie un texte, mon travail ne consiste pas à lui expliquer ce qu’elle devrait ressentir ni à attribuer une signification définitive à ses mots.
Les contradictions peuvent devenir des points d’exploration.
Pourquoi telle émotion apparaît-elle à cet endroit du récit ? Quelle place la personne semble-t-elle s’accorder dans cette relation ? Qu’est-ce qui revient d’un texte à l’autre ? Que devient une émotion lorsqu’elle peut être reconnue sans être immédiatement justifiée ou condamnée ?
Un retour peut permettre d’ouvrir ces questions, sans imposer à l’auteur une lecture de lui-même.
Il ne s’agit pas de faire disparaître l’ambivalence, mais de rendre possible un travail autour de ce qu’elle met en mouvement.
Une proposition d’écriture : les deux visages d’une même relation
Je vous propose de choisir une personne à l’égard de laquelle vous avez déjà éprouvé des sentiments contradictoires.
Il peut s’agir d’un parent, d’un enfant, d’un conjoint, d’un ami ou d’une personne qui a occupé une place importante dans votre histoire.
Choisissez de préférence une relation que vous pouvez évoquer sans vous sentir submergé par ce qu’elle réveille.
Première étape : retrouver une scène de proximité.
Racontez un moment dans lequel vous vous êtes senti proche de cette personne.
Ne cherchez pas à expliquer la relation. Retrouvez simplement la scène.
Où étiez-vous ? Que faisait cette personne ? Qu’est-ce qui, dans son geste, sa voix, son regard ou ses paroles, vous a touché ?
Laissez revenir les détails, même les plus ordinaires.
Deuxième étape : retrouver une scène de distance.
Choisissez maintenant un moment dans lequel cette même personne vous a déçu, irrité ou blessé.
Racontez cette scène avec la même attention.
Ne cherchez pas à démontrer qu’elle avait tort. Ne cherchez pas non plus à l’excuser.
Essayez simplement de retrouver ce que vous avez vécu.
Troisième étape : laisser les deux scènes coexister.
Relisez vos deux textes.
Vous parlez de la même personne, mais vous racontez deux expériences différentes.
Que ressentez-vous en les rapprochant ?
Avez-vous envie de minimiser l’une des deux scènes ? De justifier la colère ? De protéger l’autre ? D’expliquer pourquoi cette relation est finalement bonne ou mauvaise ?
Essayez de rester quelque temps avec cette coexistence.
Puis poursuivez cette phrase :
« Ce que j’ai parfois du mal à accepter dans cette relation, c’est que… »
Laissez venir ce qui vient, sans chercher une conclusion satisfaisante.
Vous pouvez également tenter un petit déplacement dans votre écriture.
Au lieu de dire : « Je l’aime, mais je lui en veux », essayez :
« Je l’aime, et je lui en veux. »
Ce changement d’un seul mot ne résout évidemment rien. Mais il permet d’entendre autrement la coexistence de deux sentiments.
Il ne s’agit plus nécessairement de faire disparaître l’un derrière l’autre.
Ils peuvent, pour un moment, trouver chacun leur place dans la phrase.
Si l’écriture réveille une souffrance trop importante, vous pouvez vous arrêter, revenir au présent et reprendre ce travail dans un cadre accompagné. Il n’est jamais nécessaire de forcer l’exploration d’un souvenir pour que l’écriture ait une valeur.
Apprendre à vivre avec la complexité de nos sentiments
Nous aimerions parfois que nos relations soient plus simples.

Pouvoir aimer sans jamais être déçus. Être reconnaissants sans éprouver de ressentiment. Nous éloigner sans regretter. Prendre une décision sans être traversés par des désirs contraires.
Mais notre vie affective ne se laisse pas toujours organiser de cette manière.
Une même personne peut nous avoir apporté de la joie et nous avoir fait souffrir. Une relation peut avoir été précieuse sans avoir répondu à tous nos besoins. Nous pouvons continuer à aimer quelqu’un tout en reconnaissant que nous ne souhaitons plus vivre certaines choses avec lui.
Reconnaître cette complexité ne nous oblige pas à tout accepter, ni à maintenir toutes nos relations.
Cela peut simplement nous permettre de sortir de l’alternative entre idéaliser et condamner, entre nier ce qui a fait mal et oublier ce qui a été aimé.
L’écriture offre un espace particulier pour cette exploration.
Sur la page, nous pouvons faire revenir des souvenirs opposés, accueillir des sentiments contradictoires, laisser apparaître des questions auxquelles nous n’avons pas encore de réponse.
Nous n’avons pas toujours besoin de parvenir à une conclusion pour que quelque chose se transforme dans notre manière de penser une relation.
Peut-être pouvons-nous commencer par reconnaître ceci : nous sommes capables d’éprouver plusieurs sentiments à la fois, et aucun d’eux n’a nécessairement besoin d’effacer les autres pour être entendu.
Pour poursuivre ce travail avec Psycho-Plume
Dans le programme Plumes Thérapeutiques, je propose un parcours d’écriture et d’élaboration psychique qui permet d’explorer les émotions, les relations, les répétitions et les questions qui traversent notre histoire.
À travers des consignes progressives et, selon la formule choisie, des retours personnels approfondis, il s’agit de donner une place à ce qui apparaît dans l’écriture, sans chercher à imposer une interprétation ou un résultat.
Et vous, avez-vous déjà éprouvé des sentiments contradictoires envers une personne que vous aimez ? L’écriture vous a-t-elle permis de les regarder autrement ?
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